Emploi freelance

Quand on est freelance sur Internet, surtout au début, il est très difficile de réussir à faire rentrer les contrats. Avec plus d’expérience et un réseau au fil des années, cela devient beaucoup plus simple de remplir son carnet de commandes, mais en attendant, voici comment il est possible de s’en sortir !

Coup d’oeil teste les places de marchés pour freelances – partie 1 : les français

On a pas tous les connexions pour avoir un carnet de commandes full pour les 6 prochains mois. Parfois, et particulièrement quand on se lance, il faut aussi savoir être un excellent commercial ou, au pire, savoir bosser sur des projets pas spécialement motivants et pas super rémunérés, parce qu’il faut bien manger.

J’entend souvent les freelances bien établis depuis longtemps conseiller d’appliquer un tarif journalier à partir de 400€, c’est surement un excellent conseil, quand on est ultra connu et que les leads chauds bouillants tombent tout seul sur le formulaire de contact de son site. Ce qui n’est pas le cas pour tout le monde. A partir de là, il y a plusieurs solutions, dont une qui a la côte en ce moment : les places de marchés pour freelance.

Il s’agit, la plupart du temps, de véritables insultes aux métiers de création du web, où la boutique e-commerce est vendue à moins de 800€ et où la qualité des prestations n’est pas toujours au rendez vous. C’est donc avec beaucoup de curiosité, mais aussi avec beaucoup de préjugés, que je me suis lancé dans un test de quelques places de marchés, du moins les plus importantes selon moi.

Des offres en France pour les développeurs offshore ?

Premier constat : les places de marchés française sont nombreuses, et les offres sont variées.
Chez la plupart, il est nécessaire de payer un abonnement mensuel pour répondre à un certain nombre d’offres, et de s’acquitter en plus d’une commission sur le montant total de la transaction. Cette commission peut aller de 4 (chez codeur.com…) à 15% (chez Progonline), ce qui peut être vraiment énorme si on y ajoute l’abonnement mais aussi et surtout nos biens chères taxes (de 20 à 48% selon votre statu). Chez d’autres (Woxxo, 123presta…), il faut payer un certain montant, variable, pour pouvoir répondre à une offre en particulier.

Ils ont tous le même argument

J’ai été contacté par téléphone par quelques unes de ces plateformes, l’argument est toujours le même : payer pour obtenir des leads chaud au lieu de payer pour des campagnes de pub et de la prospection qui peuvent s’avérer coûteuses en terme de temps et de budget. Ce que ces commerciaux oublient de préciser, c’est que toute campagne qui se respecte est ciblée, ce qui n’est pas le cas des places de marchés où on vous propose du travail correspondant (soit disant) à vos compétences. C’est de la vente oneshot sans trop d’espoir d’entretenir une relation commerciale par la suite, le fastfood des métiers du web en quelque sorte…

Codeur.com

Certainement la plus ancienne place de marchés française, Codeur.com a été gratuit pendant pas mal de temps avant de passer à des formules payantes. La raison : les prix toujours tirés vers le bas par des boites de développement offshore ou des apprentis codeurs parasitant le système en cassant les prix. Aujourd’hui, on ne peut pas dire que la formule payante a réglée le problème entièrement. Les prix sont presque toujours tirés vers le bas, et il n’est pas rare de voir des prestataires se faire la guerre pour une boutique e-commerce en dessous de 1500€.
Les faits

  • Inscription : Gratuite / non soumise à validation
  • Abonnement de départ : 29€
  • Commission : 4%
  • Concurrence moyenne tout type de projets confondus : 7
  • Une boutique e-commerce classique se vend en moyenne : 1500€
  • Un site web (avec CMS + webdesign) se vend en moyenne : 800€
  • Nombres d’offres en moyenne par jour : 15 à 20

Conclusion

Codeur est sans doute la place de marchés française disposant du plus grand nombre d’offres. Malheureusement, de nombreux brokers y ont élu domicile, ce qui tire les prix par le bas. On a presque l’impression que ce sont plus des sociétés spécialisées dans le développement offshore qui décrochent le plus grand nombre de missions. L’impression générale, c’est qu’un freelance a peu de chance de gagner sa vie et de payer ses factures avec un service comme celui ci.

A noter également que tout est bon pour faire payer le prestataire un peu plus, compte vérifié (on vérifie vos coordonnées… pour 50€), faire apparaître ses coordonnées dans les offres… pour booster votre visibilité, il faudra payer.

Progonline

Le site et ses fonctionnalités ne sont pas très attrayantes à première vue, pourtant Progonline réunit un certain nombre d’offres qui semblent alléchantes.

Toutefois, les conditions d’adhésion et le pourcentage de commission sont totalement délirants (15% !). Progonline fait partit de ses places de marchés qui disposent d’une équipe commerciale qui n’hésite pas à appeler et relancer les récents inscris dans le but de les convertir en adhérent. La personne que j’ai eu au téléphone avait un argument percutant certainement tout droit sortit d’un prompteur. Je n’ai pas été très emballé.
D’autant plus que, comme vous allez le voir dans la copie d’écran ci-dessous, c’est vraiment très compliqué de s’y retrouver dans les tarifs :
Tarifs Plateforme Progonline

A noter que le concept de progonline se décline sur plusieurs types de prestations (mdevonline, graphistesonline…) avec toujours la même philosophie et des tarifs, selon moi, prohibitifs.

Les faits

  • Inscription : Gratuite / soumise à validation
  • Abonnement de départ : de 140€ à 420€ selon la durée / options
  • Commission : 15%
  • Concurrence moyenne tout type de projets confondus : 7
  • Une boutique e-commerce classique se vend en moyenne : 3000€
  • Un site web (avec CMS + webdesign) se vend en moyenne : 1000€
  • Nombres d’offres en moyenne par jour : 5

Conclusion

Avec une interface compliquée, des tarifs prohibitifs, un nombre d’offres que je juge assez faible et un grand nombre de prestataires, Progonline et ses différentes déclinaisons ne me semblent pas réellement attractifs. Cela dit, les affaires se négocient à un niveau plus haut qu’une place de marchés comme Codeur.com.

123presta

Alors que Progonline et Codeur.com proposent, en autre, un abonnement mensuel / annuel permettant de soumettre des devis aux porteurs de projets, 123presta se place dans l’achat de leads avec, éventuellement des formules d’abonnement. Concrètement, cela signifie que pour proposer un devis à un porteur de projet, il faudra s’acquitter de plusieurs dizaines d’euros tout en sachant que rien ne garantie de remporter l’affaire.
Pour compenser cette incertitude, un nombre limité de propositions peuvent être envoyées au porteur de projet. En général, ce sont 5 propositions que le porteur de projet peut étudier… mais encore une fois, rien ne garantie que le porteur de projet en retiendra un. On est donc clairement dans la logique d’achat de contacts, ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose.

Du moins, cela garantie que les prestataires sont suffisamment sérieux et qu’ils ont tout intérêt à ne pas proposer des devis au ras des pâquerettes, enfin en théorie. Dans la pratique, on retrouve bon nombre de brokers qui comptent plus sur le nombre de contrat que sur un chiffrage juste et équitable.

Les faits :

les tarifs plateforme 123presta

Les faits

  • Inscription : Gratuite
  • Pas d’abonnement, pas de commision, pas d’engagement
  • Concurrence moyenne tout type de projets confondus : 5
  • Une boutique e-commerce classique se vend en moyenne : moins de 3000€
  • Un site web (avec CMS + webdesign) se vend en moyenne : moins de 2000€
  • Nombres d’offres en moyenne par jour : 5

Conclusion

123presta est une place de marché plutôt sérieuse, qui mise sur l’achat de leads pour éviter les low costs.

WithDesigners

Nouveau venu dans le petit monde des places de marchés, Withdesigners est sans doute celle que je préfère, pour une seule et bonne raison : toute inscription doit être validée, avec presentation de son book. Le team derrière WithDesigners a bien compris que référencer des prestataires de qualité est la clé pour, d’une part, satisfaire le client, et d’autre part mettre en valeur le travail des prestataires, en gardant un socle de rémunération beaucoup plus important que sur les autres places de marchés. Malheureusement, les porteurs de projets sont encore assez rares, et WithDesigners, comme son nom l’indique, se concentre essentiellement sur le design.
Les tarifs pratiqués restent accessibles :
Tarifs plateforme WithDesigners

Je dirais que cette place de marchés est sans aucun doute la plus honnête, pour le moment, de ce qui est présent sur le marché français. Reste à la team à communiquer beaucoup plus pour faire entrer des projets, car en l’état un webdesigner n’aura sans doute pas de quoi amortir nécessairement son abonnement.

Les faits

  • Inscription : Gratuite / soumise à validation (sur la base de précédentes réalisations)
  • Abonnement de départ : 19.5€
  • Commission : 10%
  • Concurrence moyenne tout type de projets confondus : 4
  • Une boutique e-commerce classique se vend en moyenne : NC
  • Un site web (avec CMS + webdesign) se vend en moyenne : Entre 1000 – 5000€
  • Nombres d’offres en moyenne par jour : 2

Conclusion

Il y a encore beaucoup à faire pour que WithDesigners devienne une alternative intéressante, mais si la team derrière ce projet continue dans sa philosophie (qualité) et n’augmente pas ses tarifs, je pense que cette place de marchés devrait devenir très intéressante au second semestre 2011.
Wait and see.

J’aurai pu également vous parler, entre autres, de…

  • Woxxo, une place de marché bizarre dans sa présentation, fouillis dans l’utilisation, bizarre dans le fonctionnement général.
  • Bobex, plus généraliste et pas franchement transcendant pour un développeur ou designer web.
  • Prospea, plus généraliste également et pas franchement fourni à l’heure actuelle.

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